Théâtre

Dramuscules

"Il importait de préserver et le style et la plupart des matériaux emblématiques de l’œuvre de Thomas Bernhard.
Les « Dramuscules » participent avec bonheur, si l’on peut dire, de cette vision ténébreuse de la vie, où le grotesque le dispute au désespoir, et le rire, grinçant, à la loghorrée paranoïaque.
La mise en scène d’Isabelle Luccioni - ( et son décor de « pendus » ) – accentue jusqu’au délire la théâtralité d’un texte qui s’avère en quelque sorte comme la « marionnettisation » d’un destin que Thomas Bernhard a connu tragique en son enfance, voire infernal à une époque où, ne l’oublions pas, triomphait le nazisme.
Les acteurs, véhéments et imprécateurs comme il se doit, assument avec audace ce qu’il y a de provocation, d’insolence, à l’égard de la création, de l’écriture, du théâtre, de l’acteur même...Que de lieux communs, de clichés, poussés jusqu’au dérisoire, au comique le plus salutaire, dans une des scènes les plus jovialement savoureuses...Que de « pieds de nez » à l’artiste, à l’art, à la culture européenne, au monde !
Un beau travail que cette « parade sauvage »..."
Gilbert Baqué / Nouvelles 31 / 2007

"Isabelle Luccioni opère un retour flamboyant en mettant en scène « Dramuscules » de Thomas Bernhard qu’elle interprète aux côtés de quatre comédiens captivants. Des personnalité affirmées et complémentaires dont les particularismes, notamment l’accent, prennent subtilement le contre-pied d’un propos gorgé de haine obsessionnelle. Si l’écriture du dramaturge autrichien est violente avec des références au fanatisme et à la servilité humaine, le regard qu’elle (Isabelle Luccioni) porte sur cette oeuvre est intelligemment décalé.(...) La peur de l’autre, de la mort et du vide est dépeinte avec beaucoup d’humanité et avec le brin de folie nécessaire par les comédiens Jean-Marie Champagne, Fabio Ezechiele Sforzini, Catherine Froment, Isabelle Luccioni et Katharina Seyferth"
Jean-Luc Martinez / La dépêche janvier 2007

"La pièce de théâtre qui était à l’affiche cette semaine à la M.J.C. « Dramuscules » est une série de mini-histoires d’apparence banale d’où surgissent des réflexions amères empreintes d’un racisme ordinaire chez des gens anodins. Dès le début Isabelle Luccioni pour Oui, Bizarre nous propose un préambule glaçant dans lequel une créature maléfique plus sorcière que fée nous déclame un monologue inquiétant.(...) La suite ne sera pas plus rassurante entre une ouverture dans al pénombre où eux ménégères échangent des horreurs sur les Turcs et les Yougoslaves.(...) il y a aussi des histoires de manifs contre la racaille toujours en grève(...). C’est dire si l’attaque politique ne fait pas dans la dentelle et que le malaise se fait de plus en plus palpable."
J-J / Rodez / 22 janvier 2008

"Le thème de l’imprégnation nazie de la société autrichienne marque ces « Dramuscules » que la compagnie Oui, Bizarre présentait vendredi soir aux Nouveautés dans le cadre de la saison théâtrale du Parvis.(...) Ce monstrueux enchaînement de pièces courtes aura touché d’autant plus juste que sa galerie de portraits s’avérait malheureusement toujours d’actualité et même largement exportable au-delà de l’Autriche De Bernhard. Une imprécation salutaire qu’il n’était donc pas inutile d’entendre."
La dépêche du midi / P.C. / déc 2007

"Mises en scène dans la pénombre, noyées sous des vêtements pendus aux cintres, figurant d’anonymes foules, ces dramolettes, fondées sur des faits anodins qui contiennent toute la mocheté du monde, sont des miroirs tendus sur une façon de vivre, la nôtre, qui ne remet rien en question et s’accommode du monde tel qu’il va, même dans ce qu’il a de pire."
Flash Hebdo / Cécile Brochard / 14 mars 2007