Théâtre

Les Entretiens

de Charles Juliet

au T.N.T. Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées
du 23 mai au 26 mai 2000

Les Entretiens

d’après " Rencontres avec Bram Van Velde " de Charles Juliet
Adaptation et mise en scène : Isabelle Luccioni
Avec René Gouzenne et Alexandre Trijoulet
Musique conçue et interprétée par : Haris Resic et Bernardo Sandoval
Scénographie : Driss Sans Arcidet
Lumières : Christian Toullec
Crédit photo : Bruno Wagner, Isabelle Luccioni
Affiche : Alexandre Trijoulet
Photo : René Gouzenne et Alexandre Trijoulet, de dos

"Rencontres avec Bram Van Velde" est extrait du "Journal" de Charles Juliet, écrivain et poète français vivant, proche de Samuel Beckett, connu notamment pour son "Journal" (édité chez Hachette et P.O.L.), ses poèmes, et son récit "L’année de l’éveil" (P.O.L.) porté à l’écran par Gérard Corbiau.

Dans une écriture lumineuse et porteuse d’espoir, Charles Juliet relate ses rencontres, entre 1964 et 1977, avec le peintre Bram Van Velde (1895-1981). Ce dernier a vécu en France et en Suisse. Il fut indifférent à l’incompréhension de son œuvre comme à sa tardive reconnaissance et vécut pendant plus de trente ans dans la misère, se consacrant entièrement à la peinture. Il est aujourd’hui reconnu comme un des plus grands peintres du siècle.

L’intelligence de Juliet réside en ce que ces rencontres sont retranscrites de mémoire. Elles ne figurent pas une interview violente et impudique, comme c’est trop souvent le cas, mais un chant d’amour à l’humanité… " Mes toiles sont des chante-misère ", disait Bram Van Velde, peintre de " l’impossibilité de peindre ".

Les questions, les doutes, les réponses apportées par Bram Van Velde à la discrète présence de Charles Juliet, sont autant de lumières, disons de pistes apportées aux auditeurs. Cette "prose poétique" est un témoignage qui s’adresse à chacun de nous.

En différentes stations, comme pour une promenade, nous tentons d’offrir aux spectateurs le secret de celui qui était seul et qui est allé jusqu’au bout. Le texte est poignant, fort, lumineux. On en ressort un peu moins seul… comme avec un ami de plus.

Ce texte écrit de mémoire en touches "impressionnistes" est un témoignage universel qui s’adresse à chacun de nous en ce début de siècle bouleversé.

Isabelle Luccioni

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La Compagnie Isabelle LUCCIONI a créé son spectacle dans le cadre de la manifestation MILLE MILLIARDS DE POEMES organisée par le T.N.T. en mai 2000.

Eléments de scénographie

Un écran, des bancs, un chemin de bois, un acteur qui en suit un autre avec un camescope. Nous voyons des détails, uniquement des détails, aucune vue d’ensemble comme si la connaissance des détails nous était la seule permise. L’univers se dérobe, l’image télévisuelle ne transcrit pas le réel, elle est rhapsodique, fragmentée (c’est le sens du mot) avec cela nous ferons apparaître les montagnes Suisse, le souvenir d’une ballade en forêt, le détail d’une averse, des mots écrits en petits sur du papier.
Une fenêtre, le dehors et le dedans, un rideau qui fait écran au deux sens du terme : ECRAN entre le Dehors et le Dedans, Ecran entre Bram et Nous à travers l’image rétro projetée EN DIRECT Aucun décor sensible, aucune concession à un univers NARRATIF c’est ainsi que Bram vit, dans un univers Kafkaien, difficile et noir, chaque tableau est une lutte, chaque phrase rapportée par Juliet un trésor de pirate : VOLE, déformé sans nul doute par son admiration trop respectueuse. Je veux cela : MODERNES MACHINES pour dire notre mal A DIRE, comme Samuel B
Comme BRAM V.V.
Driss Sans Arcidet (actionnaire principal du Musée Khombol)


A propos de Bram Van Velde
"Bram Van Velde peut se décrire tantôt existant, tantôt n’existant pas, tantôt sa tête ne fonctionnant pas. Encore que Bram Van Velde parle peu (à son avis pas du tout) et qu’il n’explique rien, un poète pur témoin à la mémoire concise, effacé jusqu’à l’abnégation, Juliet, a pu recueillir de fragiles propos décousus et semblables, d’une exemplaire sincérité, qui dégagent l’essence de la démarche du peintre. Juliet frôle l’être aborde son mystère puisque l’artiste "vit un secret qu’il lui faut manifester", mais pas plus que Bram Van Velde lui-même il ne connaît la signification du tableau, sinon, de manière intérieure indicible.
Jacques Putman

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