Théâtre

Une trop bruyante solitude

de Bohumil Hrabal

Pièce créée en 1994 a la bibliothèque Municipale de Toulouse,(rue du Périgord) et reprise au théâtre Garonne en 1995 et à la Scène Nationale D’Albi.
Jouée en 1996 au festival d’Avignon au théâtre des Carmes et en 2000 au théâtre des Halles.

Mise en scène : Isabelle Luccioni
Adaptation : Isabelle Luccioni et David Lacombe
Avec René Gouzenne et Haris Resic
Assistant à la mise en scène : Marc Laroulandie
Scénographie : Driss Sans Arcidet
Lumière : Christian Toullec
Son : Joël Abriac
Musique : Haris Resic, A. Filetta
Accessoires et photos : Bruno Wagner
Affiche et crédit photo : Bruno Wagner

Résumé
Depuis trente-cinq ans, Hanta écrase de vieux livres sous une presse hydraulique. Il écrase, il boit, il écrase, il soliloque en déambulant dans Prague, quotidienne et fantastique. Cette culture qu’il est chargé de détruire, il s’est donné mission de la sauver. Dans l’avalanche de livres qui se déversent dans sa cave, il fait son choix, arrachant les uns à la mort, réservant à d’autres un traitement moins ignominieux. Ainsi faisant, il est bien loin d’atteindre les normes qui lui sont imposées. Rejeté, abandonné de tous, il ne lui reste qu’à rejoindre ses livres bien-aimés...On évoquera Kafka, et l’on aura pas tord. Cet humour-là fait passer un frisson dans le dos et serre le coeur.

A propos
Après les événements de Prague, son goût immodéré pour les farandoles et autres gamineries prolétaires lorsqu’il est passablement bourré n’est pas apprécié par le nouveau pouvoir. Ses livres sont condamnés au supplice du pilon. Il trouve alors un emploi de récupérateur de vieux papiers et devinez quoi, c’est à lui qu’on demande d’écrabouiller des livres. Il écrit Une trop bruyante solitude.
"Pendant ces sept années d’interdiction je me suis donné du courage en écrivant. Pour moi, l’écriture est une défense contre la mort, j’ai donc résisté à cette interdiction de publier, qui constitue une sorte de mort pour un auteur, en écrivant ce qui était en moi. J’ai écris mon Roi d’Angleterre et ma Bruyante solitude... J’ai passé quatre ans à emballer du vieux papier. J’ai réuni ce Hanta, cet ouvrier, cet ivrogne, un homme instruit, pour en faire ce personnage qui hante la Bruyante solitude. Je crois que c’est pour ça que j’ai vécu, que j’ai ajourné ma mort, ma mélancolie, ma nostalgie" confie -t-il en février 1989 à Christian Salmon pour l’émission Océaniques.

Remerciements aux nombreuses personnes qui ont aidé et soutenu ce spectacle durant sa diffusion : Clara Girard, Alexandre Trijoulet, Bruno Wagner, Erwan Costadeau et les régisseurs de la Cave Poésie.

Quelques dates de tournée :
Mars 1996 - Cave Poésie
1996 - Avignon
Mars 1997 - Montolieu
Mars 1997 - Capendu
Mai 1997 Millau - Tarbes
Avril 1997 - Frênes
Oct 1997 - Belgique
17 février 1998 - Limoges
Fév 1998 Décines - Roussillon
Mars 1998 - Neufchâtel
oct 1998 - Illkirch Graffenstaden
2000 - Avignon
Fév 2001 - Billom
14 nov 2001 Luxembourg


Notes
"Une table, une chaise, quelques livres, l’univers de Hanta est pauvre. C’est un homme pauvre. Ces gestes sont quotidiens et pauvres. Sacrés.
C’est un lieu où la parole de l’acteur et le corps de l’acteur tracent des lignes, se séparent et se rejoignent, ferment et ouvrent l’espace. c’est un chant qui fait entendre ce bruit du cheminement de la pensée et avance inexorablement vers la fin, comme le martèlement de la presse destinée à détruire les livres. (...) Cette parole est silence, comme la mer, elle va, elle vient, forte et puissante du dedans."
Isabelle Luccioni / décembre 1994

"C’est une histoire "simple comme un morceau de bois". Une histoire de cerf-volant, une histoire d’air, de pli dans la lumière. c’est une histoire de vie, d’amour, de mort. Toutes les histoires simples sont ainsi. Des mots poussés de la mort dans la lumière. De longs fils qui nous mettent la tête dans le ciel. Des mots portés jusqu’aux oreilles de tous, jusqu’aux lèvres de tous, jusqu’au delà des lèvres. Nés pour être passés de la bouche à la bouche, de ma bouche à ta bouche, comme la Loi du Livre, de la pensée à la pensée, du coeur au coeur. Toutes les histoires sérieuses sont ainsi. L’histoire d’un papier bleu de cerf-volant, d’un fil déroulé jusqu’au ciel. Elles sont cette enfant tzigane qui dit avec son silence que l’essentiel ne veut rien, n’attend rien, rien d’autre que d’être dans la présence, dans le pli de l’air et de la lumière, dans le tremblement de la vérité. Que d’être le nom, l’enfance de cela.
On pourrait dire que cette histoire est une histoire sainte c’est à dire sauvée. Qui sauve, comme la chair sauve les mots, comme les livres sauvent les livres."
Raphaële Luccioni / décembre 1994

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